Throwback: Backpack Tour 2013

Throwback: Backpack Tour 2013

 

, Bretagne,  
Sunday, February 3, 2013

Bonsoir tout le monde,

Pour aller droit au but : je vais essayer de tenir un p'tit blog de voyage grâce à l'application TRAVELPOD. Le but étant de partager mes impressions au sujet des différents endroits que je vais traverser, raconter mon quotidien, quelques épisodes insolites, vous montrer quelques photos...cela me permettra également de me rapprocher de vous durant les longues heures de solitude (oui, je voyage seul), durant les correspondances interminables et durant les moments d'égarement spirituel.
Expérience un peu nouvelle pour moi et je ne sais pas encore quelles seront les fréquences de mise à jour de cette page. Chose est sûre: je veux vous faire vivre ce voyage.

Petit rappel du parcours :
 
- Décollage, demain le 4 février pour Londres ou je ferai une courte escale dans cette ville si importante pour moi, mon ancien terrain de jeu, c'est à la fois stratégique et symbolique si j'ai choisi Londres comme véritable point de départ

Inventaire
Inventaire

- Arrivée le 6 février à Santiago, Chili ou je vais passer 3 mois: 3 jours dans la capitale, 15 jours dans la région de Valparaiso pour embrasser l'été latin et par la suite 2 mois de stage à la Hacienda Araucano, dans la vallée de Colchagua, à l'occasion des vendanges.

- Fin Avril, je ferai route vers l'Argentine avec pour objectifs : la région de Mendoza et ses vins, la Pampa, les Gauchos, la délicieuse viande de Boeuf, la dégustation du maté avec les locaux la Patagonie, Buenos Aires et Iguaçu.

- Fin Juin, je quitterai l'Amérique du Sud à partir de Sao Paulo avec l'espoir de goûter avec modération à la folle vie Brésilienne. Retour express en Europe.

- Après une courte escale en terre anglaise (2 heures pas plus), je reprendrai un vol pour Le Cap en Afrique du Sud pour aller saluer mes amis sur place, mes anciens colocataires (quand je vivais à Londres de 2004 à 2008) qui vivent là-bas. Ne pas se priver de la beauté de ce pays, de ses vignobles...et surtout la joie de retrouver mes potes que je n'ai pas vu depuis 6 ans.

- Fin juillet, retour en Europe, un peu sale, un peu vidé mais la tête pleine de souvenirs divers.

Bon voilà, le pitch est fait !!! j'espère que vous prendrez autant de plaisir à me lire, que moi à vous écrire.
Je vais alimenter ce blog à partir de mon Ipod donc soyez indulgent pour la mise en page, les ratés éventuels, les fautes d'orthographe, les dérives hispanisantes de mon français.

Allez, faut que je retourne inspecter mon 'backpack" (sac à dos)...compresser une vie de nomade dans un sac qui doit peser moins de 20kg, pour un occidental matérialiste et maniaque comme moi, est une chose assez compliquée...mais je ne vais pas me plaindre...oh non, je ne vais pas me plaindre.

Grosses Bises

Jeff

PS: Si certains se demandent ce que fait Kenny (personnage de Southpark) sur la photo...je leurs répond que Kenny a toujours été là et m'a souvent accompagné, tel un grigri, par conséquent il avait sa place avec moi pour ce périple...vous aussi d'ailleurs !!!
, Région métropolitain,  
Wednesday, February 6, 2013

Je ne pensais si bien dormir avec le peu de place et de confort en classe éco, à 11000 m au dessus de la terre et cela pendant 5 heures et 10000km de vol. C'est sans doute le délicieux plateau repas offert sur Iberia et la qualité de la sélection des films digne d'une chaîne de la TNT française qui m'ont poussé à dormir afin que le temps passe plus vite...et ça a marché, vous aurez compris l'ironie de mes propos!!!

La liaison vers mon hostel s'est très bien effectuée. J'ai même pu bénéficier de l'assistance d'une femme qui m'a guidé vers la bonne correspondance et qui m'a même offert le ticket de métro. En guise de premier contact avec la population chilienne: c'est plutôt un bon signe. Check in effectué à l'hostel, j'ai été m'offrir une première terrasse et une "ensalada" dans le quartier populaire de bellavista.

Patio
Patio


Rendez vous était pris à 15h avec un guide américain pour un "walking tour" du cœur de la capitale. Le garçon était vraiment imprégné par la culture et l'histoire politique de Santiago, la ville n'a pas secret pour lui : passionnant. Je réitère demain matin avec une ballade guidée en vélo à la découverte des quartiers bohèmes et de leurs marchés traditionnels.

Pour l'heure, les kilomètres avalés, la chaleur lourde, la pollution et la défaite de l'equipe de France (bah, oui, on peut être loin de chez soi et se tenir informé de l'actu!) ont eu raison de moi: je suis à plat...au pied des Andes !!!

Je vous écris du patio de l'hostel (photo), buvant un Canada dry en rêvassant des vignes et des beaux flacons qui viendront dans les jours à venir.

Ah oui, avant de clôturer ce message... Je vous fais un rapide point sur la souplesse et l'aisance de mon espagnol : passable et je peux mieux faire ...mes profs d'espagnol (ils se reconnaîtront) sauront ils m'excuser ???
, Région de Valparaíso,  
Thursday, February 21, 2013

Elle est Riche et elle est pauvre à la fois: grâce son patrimoine exceptionnel presque abandonné par une municipalité corrompue par l'argent et le goût du pouvoir, ses majestueuses collines tapissées de petites habitations, son vieux port hanté par une grande histoire et aujourd'hui délaissé, ses escaliers sans fin et ses ascenseurs en bois qui font sa fierté et qui éveillent la curiosité des touristes, ses murs peints ou graffés qui sont photographiés à longueur de journée par ces derniers et qui régalent leurs albums de vacances...belle, sexy, spicy : Bienvenue à Valparaiso !!!

Qu'on se le dise, le Chili, après 17 années de torture et d'isolement sous par le régime militaire de Pinochet, a bel et bien rattrapé son retard. Depuis 1990, les chiliens vivent leurs "30 glorieuses", les comptes du pays sont dans le vert encouragés par le boom des exportations de minerais (et de vin ;-), par les bonnes relations entretenues avec la Chine, un PIB et PNB a faire pâlir quelques pays européens, mais comme chez nous: la différence entre les classes se creuse, les pauvres de plus en plus pauvres et les riches (de Santiago) de plus en ...(vous connaissez la suite !!!)
La puissante capitale dicte la marche à suivre, les ouvriers s'y exilent avec l'espoir d'y faire fortune (1/4 de la population chilienne vit dans la région de Santiago)...Valparaiso a peut être perdu de sa puissance au dépend de la glorieuse voisine mais elle reste une étape incontournable et possède un patrimoine unique.

Las escaleras
Las escaleras

Voilà pour l'état des lieux générales du pays mais il me reste beaucoup de choses à découvrir encore. À la minute ou je vous écris ou plutôt ou je tapote avec difficulté sur un clavier d'Ipod qui doit faire 10cm2, cela fait 14 jours que je suis dans le pays. Je quitte "Valpo" lundi 25 pour rejoindre les vignobles de la Colchagua ou les vendanges se profilent aux dernières nouvelles. Je pensais après quelques jours dans la ville que deux semaines sur place seraient finalement de trop. Je croise tous les jours des backpackers qui me racontent leurs aventures dans l'atacama ou en patagonie et c'était frustrant au tout début car cela me donnait envie de faire mon sac et de me taper 30h de bus pour voir ces merveilles à mon tour. Finalement je suis resté et tant mieux, mon tour viendra !!! Valparaiso s'est ouvert a moi et je me la suis approprié: ses rues, ses escaliers, ses bars, ses restaurants ...etc...J'ai constitué un petit réseau super sympa de locaux, de français vivant sur place, de voyageurs comme moi. Je me sens comme chez moi à l'hostel de la "bicyclette",Gilles, le patron, est un homme génial et enthousiaste, son accent chantant me rappelle notre beau pays et cette ville que j'aime tant : Toulouse. J'ai pu profité de la pleine saison estivale, du soleil, des plages...des marchés colorés. Tiens d'ailleurs, j'ai découvert avec plaisir qu'une tomate, un avocat ou une pêche pouvaient encore avoir du goût !!! Pourquoi? Et bien,à l'égal de la viticulture locale, l'agriculture bio est très répandue dans le pays. Ce vendredi je pars d'ailleurs visiter une ferme biodynamique tenue par une famille adorable que j'ai rencontré sur un marché dans le Cerro Alegre, mon "tieŕquar". 

Pour tous ces bons moments passés :

Merci a Émeric Montignac, jeune oenologue résidant sur place, de m'avoir fait visiter les vignobles de la Casablanca, de m'avoir expliqué son travail, ses différents projets et de m'avoir ouvert les portes de "Montsecano": projet vinicole initié par un certain Julio et mon ami, le talentueux: André Ostertag (au passage: André, merci a toi et peut être à bientôt sur place).

Pasaje Bavestrello
Pasaje Bavestrello

Merci a "Monsieur" Olivier Jallois de m'avoir mis en contact avec la crème de la viticulture bio du pays à l'occasion de cette journée mémorable de dégustation à Marga Marga...Merci a toi pour nos échanges ...Olivier, le mec qu'il faut connaître quand tu viens à Valpo sinon autant rester chez soi.
Merci a Gilles, mon hôte, a Karima (ma pote de bus), a Alban, a Hugo, aux 4 somnambules, a Ben, a Peter, a Claudia (ma caviste locale), a Carla, a Martina, a Waldo, a Christophe Beau, a Louis Antoine Luyt et Juliette ...et aussi, a maman pour avoir mis des efferalgans et de la crème solaire dans mon sac!

Et la enfin, mention spéciale pour vous deux : Francisca et Franco, mes ambassadeurs locaux. Merci a toi franco, pour ta délicieuse cuisine et ton pisco sour (le meilleur de la ville), merci pour ta patience quand on échange en espagnol ( faut pouvoir se le cogner mon accent et mes fautes de grammaire à répétition). Et toi, Fran, comment remercier Melle Mantoux de nous avoir mis en contact? Fran, merci pour ton accueil, je n'oublierai jamais ce petit "private tour" dimanche dernier, le poème de Pablo Neruda contant la gloire des escaliers de la ville, merci pour les échanges, le Pinot Noir Catrala 2008 avalé ensemble le soir même ... Non vraiment vous deux: estupendos !!!

La bonne chose dans cette histoire, c'est qu'il me reste 4 jours sur place et pas mal de choses en vue, notamment en clôture : El Cerro Abajo, compétition de downhill mondialement connue ( VTT de descente en milieu urbain).

Paséo Gervasoni
Paséo Gervasoni

Le lendemain, lundi 25, la boucle, ici, sera bouclée et je pense que j'aurai un petit pincement en te quittant Valparaiso, mi amor...en quittant tes murs graffés et tes nuits électriques qui font de toi: le Berlin sud Américain !!! En voyant s'éloigner tes magnifiques "Cerros" (Collines) qui font de toi la San Francisco d'Amérique du Sud. Non vraiment, Valpo: vu,bu et approuvé !!!

Mardi: direction la Colchagua et La Hacienda Araucano pour les vendanges mais ça c'est une autre histoire.

Comme dirait Fran : "Chooooo" !!!
, Santa Cruz,  
Friday, March 22, 2013

Hola a todos,

Si je vous dis que je réside actuellement a Santa Cruz, vous allez sans doute penser qu'à longueur de journée je brise les vagues avec ma planche, que je sculpte mon corps sur une barre de traction installée sur une plage, que je m'habille de la tête aux pieds avec la dernière "collec" Quicksilver ou encore que je joue de la guitare, assis sur cette même plage avec une jolie blonde, en admirant de splendides couchers de soleil ... et bien ... pas du tout !!!

La ou je suis, les couchers de soleil sont certes tous aussi beaux, mais comme vous pouvez l'imaginer, il y a autant de "Santa Cruz" sur la côte ouest américaine que de menhirs à Carnac. Le mien est un peu moins "hype" (même pas du tout), cité rurale de 15000 habitants au cœur de la 6eme région chilienne, a trois heures de route en bus au sud de la capitale (3h30 parfois si le chauffeur n'est pas d'avis à accélérer). La ville se trouve à l'ouest de la vaste région vinicole de la Colchagua, terrain de jeu idéal pour un "sommelier-backpacker" qui aurait troqué son joli costume de salle pour un bleu de travail et des bottes à l'occasion des vendanges.

Las vinas de Lolol
Las vinas de Lolol

En effet depuis presqu'un mois, je participe à la réalisation du millésime 2013 aux côtés du personnel technique de la "Hacienda Araucano". 

A 35km de ma ville de résidence en direction du pacifique, ce domaine est situé sur la commune pittoresque de Lolol, caché derrière les collines et au pied d'une belle montagne maquillée, de roches, d'eucalyptus, de cactus et forcément, sur son piémont, de vignes ! Araucano est la propriété du vigneron bordelais, François Lurton, qui, depuis 1988, a établi un joli réseau de propriétés en France, Espagne, Portugal (vendue, il y a peu), Argentine et Chili. Le projet Araucano a démarré en 2000 et se compose aujourd'hui de 28ha de vignes sur la propriété, d'un réseau d'achat de raisins et d'une cave complémentaire à Curico pour l'embouteillage et les expéditions. Le domaine se tourne depuis deux ans vers l'agriculture biodynamique pour bonifier les vins, préserver l'eco-système, et par conséquent améliorer la relation terroir-vignes.

Mon rôle dans tout cela, et bien pour cette campagne de vendanges 2013, je suis l'assistant de cave. D'une manière générale, le Vin, je sais le sélectionner, le stocker, le gérer, le conseiller, l'associer, en parler...le déguster, le boire (comme beaucoup) !!!

Foulage de "l'Humo Blanco Pinot Noir"
Foulage de « l’Humo Blanco Pinot Noir »
Le faire: c'est une autre histoire...et là, place aux pros !!! L'équipe de cave est franco-chilienne, jeune, sympathique et s'est montrée très accueillante. La tâche est ardue et a l'heure ou je vous écris, le plus difficile reste a venir. Les vins blancs (sauvignon, chardonnay) sont quasi tous vinifiés et nous attaquons le chapitre des cépages rouges avec le pinot noir, viendront ensuite la syrah, les cabernets et la carmenère.

Les journées sont longues, rythmées par l'arrivée de la vendange a partir de 9h00 et cela jusque 14h00 seulement. En effet, un soleil de plomb succède généralement a la brume matinale et le travail a la vigne devient donc trop difficile pour les vendangeurs, les raisins, si ils étaient ramassés l'après-midi ,seraient également trop chauds pour une bonne entame de vinification. Par la suite, a l'intérieur de la bodega, la récolte une fois reçue, les hommes s'activent et l'accompagnent avec énergie et vigilance vers sa nouvelle vie liquide et pré-fermentaire...la poésie attendra un peu.

Marie, l'assistante œnologue saisonnière du domaine, m'a dit en arrivant : "tu verras, Jeff, les vendanges: c'est beaucoup d'eau et beaucoup de bière !!!" A moitié vrai, car usé par la fatigue, la bière est appréciée en quantité raisonnable pour ses vertus rafraîchissantes (...enfin presque). L'eau, et bien, je baigne dedans toute la journée pour les tâches de nettoyage des machines. Tâche ingrate mais nécessaire au bon déroulement du process et a la propreté générale de la cave. À côté de cela, j'effectue pas mal de mises en place pour la reception vendange, et beaucoup d'opérations techniques: ouillage, soutirage, remontage, batonnage, foulage...(je laisse la liberté aux plus curieux d'entre vous, de "wikipedier" ces termes).

Elle est pour qui la "Reina de la Vendimia" ?
Elle est pour qui la « Reina de la Vendimia » ?

Tout bonus, car certaines de ces étapes de vinification, je les connaissais plus a travers les ouvrages spécialisés, aujourd'hui, je les ai visualisées et mises en pratique, de plus, dans la Colchagua et avec les manières locales. Tout cela, croyez moi, donne un vrai sens pédagogique a mon séjour vinicole au Chili.

Une campagne de vendanges est parsemée d'imprévus et de difficultés quotidiennes, mais je dois avouer qu'une des choses qui me surprend le plus ici, c'est de voir avec quel sang-froid, quelle maîtrise et même parfois, avec quelle décontraction, mes collègues y font face. Je me surprend souvent a jurer et a me plaindre face aux embûches (comme tous bons latins)...l'attitude chilienne est nettement plus posée et tout aussi efficace.

Je suis a mi-vendange...et lors de mon petit écrit de conclusion, je ne manquerai pas de citer les acteurs du domaine pour mieux les remercier.

Reste t'il un peu de place pour le loisir: et bien oui...mais un peu: VTT sur les routes pentues de la région, visites de vignobles (Montes, Apalta de lapostolle), fêtes des vendanges de Santa Cruz et Curico, stop a Santiago pour saluer mon ami André Ostertag (en pleine vendange, lui aussi au Montsecano de La Casablanca - gros coup de cœur pour son 2009, au passage) sa femme Christine et leur ami Javier (l'un des associés de Montsecano), visite éclaire à Valparaiso pour voir Claudia et Fran, mes amies sommelières "made in Chile" et fêter les 30ans de cette dernière. Et parfois le soir, avant de fermer les yeux, j'ai le loisir de dessiner, reconstruire la suite de mon voyage !!! Les tentations, les envies, les opportunités, les rencontres, les emails de dernière minute refaçonnent chaque jour le circuit que je vais entamer le 20 avril.

Le soleil se couche ...mais pas nous !
Le soleil se couche …mais pas nous !


L'été a laissé sa place a l'automne, ici, et il faudra que je prenne ce fait en considération en étudiant ma carte car le sud du continent sera de plus en plus difficile à pratiquer du fait des conditions climatiques plus hostiles qu'ici.

L'heure est encore aux vendanges, au bonheur de voir les premiers jus coulés en sortie de presse, les premières mises en barriques, les premiers pronostics sur la qualité générale du millésime...mais avant cela : les longues heures de nettoyage, la solitude du ouilleur, les piqûres de guêpes à répétition, le réveil qui sonne trop tôt le matin... Tiens d'ailleurs...très souvent, c'est dans ces instants difficiles (sauf les guêpes, je les hais), je me prend a philosopher et je me dis que c'est le juste retour des choses, privilégié comme j'ai été durant ma carrière de sommelier après tant de belles bouteilles ouvertes et dégustées, tant de félicitations reçues auprès de clients enthousiastes alors que les hommages étaient a rendre, en toute logique,aux vignerons...c'est en quelque sorte, mon tribut que je rembourse en partie aujourd'hui, au "Vin" et a son petit monde. Pour tout ce qu'il m'a donné, j'essaye, avec mes mains abîmées par la tache, de le lui rendre du mieux possible...ensuite et seulement ensuite: nous serons en harmonie: Vini, Vedi, Chili !!!

La suite: prrrontooo !!!
, Santa Cruz, Thursday, April 18, 2013

Ce samedi après-midi là n'a rien eu d'une partie de plaisir alors qu'il aurait du l'être en vérité. Guillaume, le directeur technique du domaine, avait sélectionné une parcelle de syrah afin de réaliser un lot vinifié sans soufre. La vendange commençait a arriver et avec mon collègue espagnol,Juan, on se faisait une joie de mettre en scène ces petites baies sur un tapis rouge dépourvu de "SO2". Coupé net dans notre élan car les machines, elles, avaient décidé de prendre congé. La pompe péristaltique, maillon fort de la chaîne de réception, avait, comme nous tous, beaucoup donné ces dernières semaine et elle nous lâchait au pire moment, suivi par la girafe, la structure métallique qui permet de faire les transferts de raisins vers les hautes cuves ou le pressoir grâce a son long cou et son tapis roulant. Après avoir épuisé ensemble toutes les solutions alternatives et avant l'arrivée d'un technicien dépêché d'urgence, je suis sorti de la cave, entraînant avec moi ma déception et ma fatigue, pour aller nettoyer la pompe malade des quelques raisins qu'elle avait commencé a avaler avant de tomber dans son "coma péristaltique".


Temprano el manana a LololTemprano el manana a Lolol

A l'heure ou j'écris ce texte, je me souviens de ces minutes comme les plus éprouvantes moralement de ma campagne de vendanges. "Vamos a la batalla!!!" m'avait dit Juan, ce matin là, surmotivé comme peut l'être un jeune œnologue a l'idée de participer a la naissance d'un vin sans soufre. Hélas, quelques heures plus tard, la journée de travail en cave s'était transformée en guerre des nerfs et à l'instar des "Terminators" dans les films de James Cameron* : les machines avaient maté les Hommes..."Hasta la vista, Malo dia !!!"
(*: excusez les références, j'aurais préféré évoquer du George Orwell a la place, mais je ne ballade pas son ouvrage visionnaire "1984" avec moi au Chili en ce moment. Par conséquence, de mémoire, je ne peux pas le citer). Quelques litres d'eau plus tard, la "bomba" (pompe en espagnol) avait retrouvé un peu plus d'allure et le technicien, arrivé depuis peu, allait donc pouvoir diagnostiquer, réparer et peut être sauver la journée car le temps nous était compté. En effet, au Chili,du 1er Avril jusqu'au mois de septembre, le gouvernement impose aux moyennes et aux grandes entreprises une politique de restriction d'électricité. De 18h00 a minuit, sept jours sur sept, l'utilisation d'appareils électriques a forte consommation est toujours possible mais le watt est tellement surtaxé qu'il est préférable de tout débrancher au risque de voir le montant de la facture avec un peu trop de zéro.

OtoñoOtoño

Donc, depuis début avril et cela jusqu'au terme des vendanges, les fins de journée peuvent ressembler parfois a des sprints pour tout boucler. Ce jour là, une défaite inexorable se profilait, quelle frustration !!! Finalement, les machines ont été réparé et la récolte a attendu, au frais en cave, l'heure de minuit pour qu'une petite équipe termine le travail. (NB: après 10 jours, cette cuvée "sin asulfure" a fini ses fermentations, elle se goûte très bien, on l'a pressée jeudi).
Si l'état chilien économise de l'énergie (et tant mieux d'ailleurs), il faut avouer que cette période de restriction affecte le bon déroulement du travail et un relais nocturne est indispensable pour faire tourner les pompes de remontage ou terminer le nettoyage. Une campagne de vendange est souvent parsemée d'embûches, d'imprévus et comme je vous l'évoquais lors de ma dernière page, le calme et la patience, a la Hacienda Araucano, sont toujours les meilleures armes pour les affronter. Pour ma part, des jours difficiles, il y en a eu, la tâche est ardue, exigeante physiquement, la langue pas toujours facile a comprendre...mais d'une manière globale, je pense m'en être pas si mal sorti pour un "apprenti winemaker"et j'ai par ailleurs excellé dans mon rôle de "Mr Propre".
Après presque deux mois , et comme il était prévu, je quitte mes collègues de Lolol pour continuer mon périple. Être le témoin de la naissance d'un vin, (re)fut pour moi une expérience extrêmement positive. Cela m'a permis d'engranger un bon nombre de connaissances nouvelles et d'en rafraîchir d'autres mais surtout de mieux comprendre le "made in Chile".

Cata de las cuvasCata de las cuvas

Permis de gommer également une certaine naïveté au sujet du vin et de son élaboration. Vinifier, c'est un travail scientifique pointu, les outils oenologiques modernes sont, de fait, indispensables. Cependant, le savoir-faire et les qualités d'observation du chef de cave et de l'oenologue restent les facteurs-clés de la réussite du millésime en cave. Pour ma part, j'ai pris beaucoup de plaisir a participer au travail autour des pinot noir vinifiés en barriques , les premiers résultats observés lors d'une dégustation, aux côtés de François Lurton, Guillaume et Juan, sont d'ailleurs très prometteurs. Quel bonheur et quel effort furent aussi les séances de pigeage des rouges en macération. Armé d'une perche, le but est de briser le "chapeau" de raisins en surface de la cuve pour mettre en contact le jus et les peaux afin d'extraire la couleur avant le départ en fermentation. Cela m'a ramené 12 ans en arrière, lors de ma première vendange a Thouarcé (49) chez Marc Angeli du Domaine de la Samsonnière. Ce disciple de Steiner (père de la biodynamie), en guise d'accueil, m'avait tendu un maillot de bain pour que j'aille piger "au corps", cette fois ci, une cuve de gamay fraîchement vendangé: "Gamay, c'est mon produit de beauté" dit un jour le grand philosophe Alain Chabat des Nuls...grandissime souvenir !!!


Et la lumière fut...Et la lumière fut...

"Volvemos a Chile": 2013 est une année globalement marquée par l'abondance. Les rendements ont été boosté par des mois de décembre et janvier pluvieux. Pas spécialement bien accueilli ce surcroît, car les ventes et les exportations chutent sensiblement, par conséquent les stocks non embouteillés augmentent et un volume important a vinifier se présente. Autant dire que partout dans le pays, on chasse les cuves disponibles et de la place pour accueillir la vendange 2013. Les raisins, parlons en, ceux d'Araucano ont de jolies maturités et un très bon état sanitaire. Les cépages tardifs comme le cabernet sauvignon et la carmenère accusent un peu de retard et seront ramassés dans les prochaines semaines. Mon coup de cœur ira pour la syrah et il me tarde de la déguster, dans quelques années, assemblée avec les cabernets, malbec, petit verdot et carmenère du "Clos de Lolol". Ce vin, sans être la cuvée phare du domaine, est pour moi le meilleur ambassadeur des vins Chiliens de François Lurton. Je me rappelle qu'au Restaurant Taillevent, quand je le servais a l'aveugle, il bluffait pas mal de clients français. Le conseil du sommelier : Clos de Lolol 2011...dans quelques mois chez nous.
Au sujet de la production nationale et après avoir goûté pas mal de cuvées "variétales", "reservas", et quelques "top cuvées" des diffeŕentes régions vinicoles, je peux dire que les vins sont, dans l'ensemble, bons, mais voila juste bons...Rares sont ceux qui m'ont transcendé.

Post febrero 2010 Post febrero 2010

Il y a les grands, certes mais qui boit ces vins? Fort heureusement, il y a cette vague impulsée par une génération de vignerons locaux ou étrangers, a la quête de nouveaux sites, de nouvelles expressions, des vins un peu moins calqués sur ceux des riches voisins, plus précis: avec une attaque une évolution une finale en bouche et non pas, comme trop souvent au Chili, une suave expression sans âme, ni fond. Une génération pour qui la définition de terroir doit trouver un sens, tout en pensant que la bonne santé des vignes, la magie d'un lieu, le travail, doivent magnifier ce terme. Pour l'heure, la définition de "Terroir" au Chili se base plus sur les influences climatiques que géologiques ou historiques. La roche mère étant ici principalement granitique, ce qu'on évoque surtout, ce sont les différences de températures entre les vallées (Aconcagua, Casablanca, Maipo, Rapel, Maule, Bio Bio...). Les climats et micro-climats (océaniques, continentaux ou a proximité de la cordillère) vont donc influencer les styles et on assiste notamment a l'émergence de nouvelles régions plus tempérées, comme Leyda par exemple, plus propice a la culture des cépages blancs et au pinot noir. Pour le reste, nous sommes bel et bien dans un modèle "New World". Les grandes bodegas possèdent des centaines d'hectares de vignes et achètent du raisin sur plusieurs secteurs du pays dans le but de les assembler pour créer le "gout-maison" qui permettra de fidéliser les consommateurs d'année en année.

Mr PropreMr Propre

Le modèle "artisan" est minoritaire mais apporte de la crédibilité pour des amateurs peut être un peu lassés de goûter les vins formatés de Concha y Toro, Cousino Macul, Casa del Bosque pour ne citer qu'eux ...Ces exemples de grandes réussites commerciales sont cependant les moteurs de la filière et de l'oenotourisme, ils ont joué et jouent encore aujourd'hui un rôle majeur dans la reconnaissance des vins chiliens sur la scène internationale mais malheureusement aussi, un rôle majeur dans l'uniformisation du "style chilien" qui m'ennuie et m'ennuyait déjà depuis quelques années et cela, c'est l'acheteur/consommateur de vin que je suis qui le dit et non pas le sommelier.
Mon costume de "bête de somme*" (*: origine du mot sommelier), je le retrouve la semaine prochaine a Sao Paulo, au Brésil, pour le grand salon des professionnels du Vin:"Expovinis". Je n'y vais pas,le verre a la main, pour déguster et arpenter les stands mais pour participer a la promotion d'un vin de Saint Chinian, le Château de Gragnos.Je ne détaille pas trop pour le moment mais il semble que ses nouveaux propriétaires souhaitent se faire une place de choix au cœur de ce marché porteur qu'est le Brésil. Les petits plats seront mis dans les grands puisque même un chef français sera présent sur le stand pour mettre en scène des tapas de cuisine créative imaginés par Bruno Verjus, une "french touch" supplémentaire pour régaler les potentiels acheteurs. Pour évoquer les vins et les accords possibles, il fallait bien un sommelier et c'est là que j'interviens !!! 
Bref du travail, encore au travail ..."a quand l'aventure?" me direz vous. Et bien le 28 avril, retour a Santiago, l'opération "Jeff´Backpack Tour" va débuter. Adieu a toi, vie de sédentaire! A moi, les longues heures de bus, les dortoirs d'auberge, les ampoules aux pieds, les "Lonely" moments sur cette "Lovely" planète. La première étape, sera l'un des noyaux durs du tourisme Chilien, direction le nord, au carrefour entre la Bolivie et l'Argentine, le désert en guise d'entrée: l'Atacama.
Avant de partir, on est poli, alors, un grand merci a la Colchagua. Je la quitte aussi belle que je l'ai découverte : une mosaïque de couleurs automnales sublimée par un ciel qui n'en finit plus d'être bleu, blue, azul!!! 
Muchissimas Gracias a: La Hacienda Araucano : François Lurton, Guillaume Martineau, Guillaume, Aurélien, Manuel, Carolina, Marie, Gabi, Juan, Arthur et au reste de l'équipe sur place. (Merci à vous, Clara, suite au petit clin d'œil sur la newsletter) Ma sympathique famille d'accueil: Maritsa, Henrique et leur fille Roxana. Merci aux acheteurs Chiliens des supermarchés "Jumbo" de proposer a la vente des pots de Nutella pour les clients occidentaux...porque, aqui mismo en Chile, tengo el derecho de tener mis pequenitos momentos Nutella !!!

Choooo ....Nos Vamoooos !!!
, État de São Paulo,
Friday, April 26, 2013

Un champ de buildings et gratte-ciels sans fin: c'est l'impression hallucinante que m'a évoqué Sao Paulo vu a travers le hublot de l'avion avant l'atterrissage, dimanche dernier.

L'état de Sao Paulo compte plus de 20 millions d'habitants dont 12, dans ce qu'on pourrait appeler, le centre ville. Bienvenue, tout simplement, tout timidement comme j'ai pu l'être: dans la plus grande ville de l'hémisphère Sud. Elle est riche, luxueuse et forcement inégale mais ce dernier point, avec mon regard d'occidental confortablement logé sur place, je n'ai pas pu le constater réellement. Vu par contre, cette démesure a la New Yorkaise, colossale et pas toujours très esthétique a la différence de sa grande sœur nord-américaine. On peut cependant se rafraîchir dans les grands parcs de la ville, de véritables echantillons de forêt tropicale: la jungle dans la jungle.

Expovinis , avant - pendant Expovinis , avant - pendant

Le réseau routier intérieur, lui, sature littéralement aux heures de pointe et prendre un taxi en fin de journée, aux heures des sorties de bureau, s'avère être une très mauvaise idée, quand la circulation est fluide par contre, les chauffeurs de taxi se prennent pour des "Ayrton Senna" (né ici)...attention aux murs dans les virages, port de la ceinture a l'arrière fortement recommandé!
Je vous dresse un portrait un peu incomplet de la ville car je n'ai pas eu le temps de parcourir les 150000ha que couvre Sao Paulo. Cette dernière pourrait bien ressembler a l'enfer sur terre mais je l'excuse en partie et je m'incline face à la beauté exceptionnelle, époustouflante, divine parfois, de la Femme Paulistana. Difficile d'être insensible aux doux regards* des brésiliennes dans la rue (*: et je n'ai pas dit que je m'arrêtais simplement a l'analyse hédoniste de leurs yeux). 
Durant cette semaine, j'ai travaillé a la promotion du Château de Gragnos lors du Salon "Expovinis", le "Vinexpo" local. Pour le lancement officiel de la marque, les moyens mis a disposition étaient colossaux, opération communication et marketing luxueuse, digne d'une grande marque Champenoise. Le design du stand se voulait très chic et a fait forte impression. Atelier détaillant les parfums des vins avec des essences et nos charmantes hôtesses. Seul stand équipé d'une cuisine ouverte pour proposer des dégustations accord mets et vins. Et moi, derrière le bar, assisté de Camilla (Ooooh....Camilla...pffff !!!) ma traductrice, j'ai présenté pendant trois jours la gamme de vins aux visiteurs.

Thomas Simsen, le ChefThomas Simsen, le Chef

Grand succès et satisfaction générale: direction du domaine, oenologue, équipe marketing...etc.
Quel plaisir d'échanger avec les brésiliens...des gens aussi beaux et bons de l'intérieur que de l'extérieur ... Et rien que pour cela, il mérite franchement leur réussite actuelle. La population de Sao Paulo serait d'ailleurs l'une des plus gentilles et accueillantes au Monde, je confirme...prenons exemple. Grosse tâche au milieu de ce magnifique tableau que je vous dresse: Michel Telò et sa musique pop insupportable.
Je ne m'éternise pas, j'ai un avion a prendre, de plus j'ai la Cachaça de la nuit dernière qui m'a un peu ramolli le cerveau. Je répare ça avec un cocktail d'açai, petite baie noir issue de la forêt amazonienne aux multiples vertus.
Vuelta a Chile: Atacama, Ataca"moi"
Choooooo
Merci
A l'équipe du Château de Gragnos
A Kevin Meade, responsable comm´ : boulot énorme 
A Thomas, le Chef de Cuisine
A (l'autre) Thomas, aka Romain Duris, notre fixeur, notre traducteur.
A l'équipe de montage du stand
Mention spéciale , très spéciale ...aux hôtesses, dignes ambassadrices de la beauté brésilienne.
, Province de Salta, 
Monday, May 6, 2013

"Kenny est mort", ce sera le triste épilogue de ce bulletin de voyage. (Petit rappel, Kenny est le petit bonhomme orange que vous pouvez voir sur certaines photos de cette page)

A peine remis de mes tribulations brésiliennes, j'ai pris la route de Santiago vers San Pedro de Atacama, au Nord du Chili. 1500km en bus au Chili représente 23 heures de voyage. 23heures dans un bus rempli d'ouvriers de la mine de Chuquicamata (mine d'or et de cuivre qui serait la plus profonde au monde, de 900m). 23 heures a sommeiller, a manger de fades sandwichs fournis par la compagnie de bus, a regarder des blockbusters américains doublés en espagnol a la Tv. Le vrai spectacle n'était pas tout le temps dans la petite boîte mais plutôt a travers la vitre du bus car je pouvais admirer les magnifiques paysages côtiers de la fameuse " Panamerica " (la route qui longe la côte ouest américaineKenny et les geysers de TatioKenny et les geysers de Tatio

Après 20heures de route, arrivé a Calama, et suite à la descente de bus des mineurs, il était plus facile pour moi de distinguer les touristes de San Pedro et parmi eux les quelques français présents dans le bus. Cette destination est très prisée et "los Frances" sont de loin majoritaires dans la communauté touristique de ce petit oasis au milieu du désert de L'Atacama.
 
Mon sac a peine posé, j'ai eu le droit a la remarque de la réceptionniste qui m'a réprimandé justement et gentiment car j'arrivais a San Pedro avec un sac plein de linges sales et je venais faire ma lessive dans le désert le plus aride du Monde. L'eau, voilà un réel dilemme dans cette région du Chili, la plupart des hôtels impose des restrictions d'eau a leurs clients: la douche, c'est 2mn pas plus, compris !!! L'eau, il faut en boire beaucoup par contre en arrivant (alcool déconseillé le premier jour) afin de bien s'acclimater a l'altitude (2400 m) et supporter les chaudes après midi dans le désert. Le catalogue des visites est bien rempli et les agences de tour inondent la rue principale, les champs Élysée locales : Caracoles. Les geysers de tatio, la vallée de la luna, les lagunas, le salar d'atacama, le mirador de quitor, le sandboard dans les dunes de la vallée de la mort, la demie finale de la Champions league Barcelone-Munich dans le bar des footeux de la ville (cherchez l'intrus)... du très grand spectacle, San Pedro, un "must be seen", si vous visitez le Chili un jour. 

Jeudi dernier, après 3 mois passés sur la terre des Mapuches, j'ai rejoint la Bolivie pour un tour de 3 jours en 4x4 en direction d'Uyuni. Le convoi se composait de 3 véhicules, 3 sympathiques chauffeurs boliviens, plus de 100 litres d'eau en bouteilles,18 touristes français, américains, brésiliens, suisses et une coréenne armée de son Samsung Galaxy Note qu'elle ne lâchait pas, elle cherchait peut être le wi fi à plus de 4000m d'altitude.

Le désert de DaliLe désert de Dali

Nous avons passé la frontière à plus de 4300m et a cette altitude, les maux de tête sont fréquents et douloureux, beaucoup ont souffert. Figo, notre chauffeur, nous distribuait généreusement des feuilles de coca et de l'alcali ( petite résine composée de cendre de pommes de terre et de bananes), le tout a chiquer en bouche, ce qui provoquait une légère stimulation et nous offrait une meilleure résistance...je confirme (désolé, maman, ton fils s'est drogué dans la cordillères des Andes). Pas besoin de substances pour apprécier les superbes paysages, carte postale très variée durant ces 3 jours, les lagunas aux multiples couleurs, les flamants roses,les salars,les volcans actifs, la forêt de pierres au milieu du désert...Le dernier soir, nous avons dormi dans un hôtel bâti entièrement en sel (même les lits), il se situait au bord de ce qui allait être le bouquet final: le Salar d'Uyuni. Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés 5h30 pour aller admirer le levé du soleil sur le plus grand salar du monde, 13000km2, un tiers de la Suisse, je vous laisse imaginer, un moment grandiose et assurément une place sur le podium des plus beaux sites visités durant mon voyage. Le Salar est composé de 37 petites îles et on peut de s'y balader et admirer les cactus centenaires. Le plus vieux mesure plus de 9 mètres et un cactus prend en moyenne 1cm par an, je vous laisse faire le calcul.

La laguna multicoloreLa laguna multicolore

Après plusieurs heures passées a jouer sur le sel et après une rapide visite du cimetière des locomotives de la ville d'Uyuni, le cœur rempli de joie, la tête pleine de souvenirs, les cartes mémoires des appareils photos gonflées par les nombreux shootings (on va en reparler d'ailleurs),nous nous sommes dits au revoir et à bientôt.
A cet instant tout allait bien et malgré le triste et pauvre décor de la ville d'Uyuni, je me réjouissais de monter dans le bus de nuit en direction de Villazon, direction l'Argentine. A cet instant tout allait bien mais je ne savais pas encore que ces dix heures de bus allaient se transformer en calvaire. Mon ascenseur vers l'enfer: un bus type bus scolaire des années 80 rehaussé pour supporter les innombrables bosses de la piste en terre que nous allions emprunter. Un bus froid même glacial au milieu de la nuit, bondé de familles boliviennes et avec peut être une dizaine de touristes a l'intérieur. Je ne pouvais pas dormir, j'avais trop peur de l'accident car les routes étaient sinueuses, et le chauffeur, un habitué du circuit sûrement, n'était pas avare sur les accélérations, les sorties de virages, les raccourcis dans les pentes abruptes. Je serrais les dents, fermais les yeux, pas pour dormir mais surtout pour ne pas voir le précipice a gauche de la piste. Et pendant plus de quatre heures, je me suis retenu d'uriner dans mon sac de couchage, le bus n'était pas équipé de toilettes (les normes boliviennes, sans doute). Une envie irrésistible de "pisser" justifiée par les 7 litres d'eau avalés lors des 3 derniers jours. A 4heures du matin, nous sommes arrivés a Tupiza, charmante ville ou il fait tant bon vivre loin de...l'heure était venue de descendre afin de consoler ma vessie au bord de l'implosion. Juste le temps pour moi de cacher mon petit sac de voyage sous mon sac de couchage et je me suis précipité aux banos publicos.Salar d'Uyuni, 7.00amSalar d'Uyuni, 7.00am

Pendant que je me soulageais pour la somme d'un bolivianos (11centimes d'euro), un sympathique bolivien, qui avait sans doute analyser le génie de ma planque, quittait le terminal de bus avec mon sac sur le dos. l'inexpérimenté "jedi backpacker"que je suis, a sans doute pêché par naïveté, a baisser la garde et comme souvent en Amérique du Sud, cela ne pardonne pas. Les belles photos de San Pedro et d'Uyuni, c'est ce merveilleux être plein de bonté et de gentillesse qui pourra les regarder dans son salon, car il y avait mon appareil photo a l'intérieur du sac, il pourra les regarder avec mes lunettes de soleil et quand il en aura marre il pourra apprendre le français grâce aux quelques livres et mon carnet de voyage qui étaient également dedans...la belle émotion !!! 
"Tout va bien" comme dirait le grand et beau Romain Aubré, Ces choses se rachètent...le plus important (passeport, CB et mon gros backpack) sont encore avec moi. Des photos, je pourrai en récupérer d'autres jamais et finalement les images en tête et les beaux moments passés sont parfois meilleurs qu'un diaporama photos sur un écran d'ordinateur (je me console comme je peux). Mais si il y a une chose que je ne pourrai jamais remplacer c'est ce petit bonhomme orange en caoutchouc : Kenny était également dans le sac. Il partageait ma vie depuis plus de quinze ans, il n'était certes pas très bavard mais il avait fier allure sur mes étagères d'appartement, il plaisait beaucoup aux filles, il me portait chance, enfin c'est l'interprétation que j'en avait fait, superstitieux comme je suis. Ceux qui connaissent bien "Southpark" (le dessin animé americain référence dans lequel apparaît Kenny Mc Cormick) savent bien qu'à la fin de chaque épisode, Kenny meurt d'une mort violente et atroce.


Kenny et les crêpes de YouennKenny et les crêpes de Youenn

Finalement cela devait arriver et si je peux conclure ce bulletin avec le même ton que les auteurs de Southpark, oui je peux: "Un enculé de Bolivien a tué Kenny !!!" 
Dimanche, après avoir traversé la vallée de Humahuaca le cœur un peu serré, après avoir passé 7 heures de bus entre Villazon et Jujuy avec Nicole et Martin (un couple de suisses qui était avec moi au Tour d'Uyuni), dont 1h30 a la douane, comme tous les occupants du bus, pour un contrôle de routine (cette route est la route par laquelle la cocaïne bolivienne transite en Argentine), après avoir fait face à la grève des chauffeurs de bus de Jujuy et emprunté un taxi illégal, fou du volant car dopé à la coca...bref, après un bon dimanche de m.... Je suis arrivé a Salta, plus grande ville du nord ouest argentin, cité historique, belle par son architecture coloniale, a la vie nocturne trépidante...Je m'y sens vraiment bien, je reprend des forces, j'ai racheté ce que j'ai pu, je mange du Lama, je déguste du Torrontes (cépage blanc et aromatique typique de la région) et je me familiarise avec le "Chhhh" si particulier de l'accent argentin.Demain (enfin si Messieurs les chauffeurs de bus veulent bien stopper leur mouvement social), je pars vers la vallée de Cafayate (prononcé "Cafachate"), la plus grande région vinicole d'Argentine, viendront ensuite Tucuman, Córdoba et Mendoza...route vers le sud !!!

Isla de los cardonesIsla de los cardones

Choooo

Merci a La Uyuni Team : Cécile, Nicole, Sylvaine, Patricia, Yuna, Wagner, Martin, Thomas et Figo, Marie et Aurélien, la famille Chavoutier pour ces bons moments a San Pedro.Merci au Bayern de Munich d'avoir battu Barcelone. Merci a l'équipe de Taillevent pour le kit de voyage, l'oreiller de voyage a sauvé mes cervicales sur les pistes boliviennes durant cette folle nuit. Le reste du kit est resté en Bolivie, et oui dans le sac comme les autres. Merci aux potes pour le gilet "plumes d'oie" Northface qui a fait sa première sortie à plus de 4000m d'altitude sous des températures négatives...au top, comme vous d'ailleurs.Merci a beaucoup d'entre vous pour vos petits messages, c'est cool de voir que mes récits ont réchauffé en partie cet hiver européen interminable...summer is coming, guys ...finally!
, 
Sunday, May 19, 2013

Est ce qu´un backpacker peut il s´autoriser un day off, un vrai dimanche de cocooning, une journée pyjama ??? Apres avoir pesé le pour et le contre, ce matin, au réveil...le comité de surveillance de ce "backpack-tour", représenté par ma seule personne, a décidé que ce dimanche 19 mai serait un "dia libre", quartier libre...Je reste au chaud, je soigne ce vilain rhume, je file ma lessive a la réception de l´hostel, je passe l aspirateur dans mon sac de voyage, j'embarque un paquet de mouchoirs et je fonce vers le salon pour écrire un nouveau chapitre a mes chers et fidèles lecteurs de Travelpod. L'occasion pour moi de mettre cette carte de voyage à jour, car oui, depuis Salta, j'ai avalé 2400 petits kilomètres et quelques belles histoires à raconter.

L´Argentin a ce truc en plus qui fait que je le préfère de manière générale a son voisin Chilien : c´est son accent, nettement plus compréhensible.

La quebrada de las conchasLa quebrada de las conchas

Une fois assimilée qu'ici le "ll" se prononce "chhh", j'ai envie de dire que c´est gagné !!! (RRRrrrrrr, quelqu´un pourrait il demander a l'américaine qui prend son petit dej' derrière moi en regardant a la tv des "soaps" US, d'arrêter de faire du bruit en mastiquant ses tartines. Une, c'est pas très classe, deux, cela perturbe mon rendement dactylographique...merci !!!) Je disais donc: arriver à comprendre facilement la personne qu'on a en face de soi et être compris lors d un voyage longue durée comme le mien, cela rend les choses plus simples...et je ne fais pas un procès à mes chers amis chiliens.
Après la grève d'une semaine qui a littéralement paralysé le réseau de bus du nord ouest argentin, sans réellement bouleverser mon itinéraire, ni mon timing...il me fallait trouver une destination symbole du retour a la vie, j'ai choisi Cafayate et cela voulait également dire: retour a la vigne !!! Petite rectification, je vous avais dit la dernière fois que cette région vinicole était la plus grande du pays : FAUX !!! La plus grande, on en parle dans quelques lignes. Cafayate est par contre le vignoble argentin qui connait le plus fort développement et sûrement celui promis au plus bel avenir. Les raisons sont simples: la vallée est magnifique, facteur important au développement de l'oenotourisme, mais également car Cafayate produit le vin blanc le plus populaire du pays : le torrontès.

Cafayate Cafayate

Je ne vais pas m'étendre durant des lignes sur ce sujet car personnellement ce cépage m'ennuie un peu. Imaginez ce vin comme un clone de muscat sec par conséquent il donne des vins tres parfumés, très rentre-dedans au nez et puis en bouche...bah, pas grand chose, voir un peu mieux quand l acidité naturelle du vin (souvent très basse) est rectifiée artificiellement!!! Encore une fois cela ne gêne pas un vigneron argentin de dire ouvertement: "oui, j avais un ph de 4.5, j'ai acidifié et aujourd´hui je suis a 2.8 !!!" Bref, le torrontès m avait déjà laissé un maigre souvenir suite aux quelques degustations en Europe...a Cafayate, j'en retiendrai seulement la délicieuse et rafraichissante glace parfumée au vin de torrontès de Miranda, tellement bonne que j'ai,le lendemain, cédé aux plaisirs de celle parfumée au cabernet sauvignon: je suis officiellement un sommelier en vacances !!! De Cafayate, je garderai en tête la superbe traversée de la quebrada de las conchas, la visite d´Amalaya: ambitieux projet vinicole de la famille suisse Hess (Colomé, Glen Carlou, Peter Lehmann...multinationale du vin en quelque sorte), mon premier asado argentin (barbecue), le calme et la tranquillité de cette petite bourgade.
Après trois jours au vert et aux verres (merci a Pato et Federico de Buenos Aires), l´heure fut venue pour moi d'aller chercher un peu d'agitation en ville, a Cordoba.

El Valle de CafayateEl Valle de Cafayate

La rivale de la capitale, la grande cité jésuite qui compte aujourd'hui 1,5 millions d´habitants. Quand on traverse a pied le centre ville, on ne croise que des jeunes !!! Pas étonnant, Cordoba est la plus grande ville étudiante du pays. Autant vous dire que lors d une virée nocturne a travers les bars de la ville, je suis rentré a l´hostel avec l étrange impression d avoir pris un sacré coup de vieux, tellement vrai !!! Cordoba a rayonné tout au long de l´Histoire grâce a ses colonies jésuites qui ont fait prospérer la ville et ses alentours avec l'établissement, notamment, d'immenses estancias (fermes agricoles).Le programme pour moi sur place: Les visites de l' iglesia catedral, de l'iglesia del Sagrado Corazon, du Museo Superior de Bellas Artes Evita, du Museo Emilio Carrafa...cette fois, c est sûr, transformation opérée et réussie : je suis devenu un véritable touriste !!! assez pour moi je m'en vais.
Un peu plus au sud, après 14 heures de bus, je suis arrivé a Mendoza. Cette étape etait inscrite depuis le debut dans mon road-book comme une étape immanquable. Immanquable car la voila, la plus grande région vinicole argentine, raison suffisante pour poser mes valises quatre ou cinq jours. Comme je jouais dans la cour des grandes et fières étiquettes argentines, mon idée fut de faire trois visites de domaines très contrastées: l´artisan-vigneron, le domaine dit "Nouvelle Vague"et la grande industrie.

Altos las HormigasAltos las Hormigas

Une visite par jour, les distances à parcourir entre les propriétés et le centre ville sont souvent importantes, le réseau de bus urbains ne va pas plus loin que Lujan de Cuyo, le coeur même du vignoble mais également une ville relativement importante et l´autostop ne marche pas très bien en Argentine, je l'ai appris a mes dépens. La première visite fut celle de Altos Las Hormigas et j´ai pu bénéficié d'un accueil remarquable. Vincent, le Brand Manager m'a confié qu'il n'avait pas reçu de visite de la part d'un professionnel français depuis au moins quatre ans. Finalement, il se sentait sans doute honoré de recevoir un sommelier parisien et je fus, pour ma part, ravi de mettre un terme a ces quatre années de boycott. Nous sommes aux pays du malbec, la grande fierté locale et je dois dire que les vins de Altos que j´ai préféré, ne furent pas leurs malbec mais plutot leurs deux cuvées de Bonarda. Cépage apporté en Argentine par les immigrants italiens au début du XX siècle, la bonarda a souvent (et encore) été utilisée par les producteurs pour gonfler les volumes de malbec car la vigne de bonarda conduite en pergola (conduite haute) donne des rendements importants. Le reste de la gamme ne m'a pas ému au point d'acheter une palette de bouteilles sur le champ mais les vins sont bons et les derniers vins dégustés sur demi-muids (barriques de 600litres) sont prometteurs.

Étiquetage maison chez Carmelo PattiÉtiquetage maison chez Carmelo Patti

Jour 2: rendez-vous fut pris avec Monsieur Carmelo Patti, propriétaire d'une modeste bodega de Lujan, seulement 6.5ha de vignes en propriété autant dire que face aux géants de la filière, Señior Patti fait figure d exception. L´accueil, la salle de dégustation, les verres, les étiquettes, le press-book n'avaient peut être pas le clinquant de ses illustres voisins mais le sourire et la sympathie du monsieur étaient présents et a l´image des vins : il y avait de la vie dans cette maison !!! 3 vins rouges, 1 effervescents, la gamme est vite résumée et le style "Patti" est très différent du reste de la production "Mendocina". Ce vigneron ne privilégie pas de trop longs élevages en barriques neuves, mais plutôt une lente et douce maturation du vin en bouteille avant la mise sur le marché. 2007, 2004, 2003, voila les millésimes dégustés et quels coups de coeur !!! La visite fut complète apres avoir savouré un échantillon de la cuve de Cabernet Franc 2013 ( et oui, ici les 2013 sont faits!) qui sera mis en bouteille seul et c'est une première chez les Patti. Même constatation qu'au Chili, ce cépage a une place de choix a se faire dans les prochaines années et mon enthousiasme n´aura fait que conforter Carmelo Patti dans son futur projet : Chapeau, l'artiste-vigneron !!! Jour 3 et dernière visite, tout un symbole car je me souviens très bien quel fut le tout premier vin argentin que j ai dégusté lors de mes débuts dans la profession: ce fut un vin signé "Nicola Catena". Installée depuis 1902 au sud de Lujan, la famille Catena a construit sans nul doute la plus belle "sucess-story" du vignoble argentin. Pionniers en matière de viticulture sur les hauts plateaux des Andes, visionnaires en terme de commerce et de promotion de leurs vins, les Catena ont collectionné les recompenses et les bons points "Parker", "Wine Spectator" ou "Decanter" pour ne citer qu'eux.

Vue des vignobles de Lujan - Bodega Catena ZapataVue des vignobles de Lujan - Bodega Catena Zapata

L´Architecture grandiose de leur quartier-général illustre parfaitement cette reussite. La suite, une visite "spotless", minutée et guidée comme elles peuvent souvent l'être dans ces grandes maisons. C'est beau, c'est bon...ça fait rêver mais je me suis senti un peu trop petit et modeste face a une telle surenchère de luxe et de perfection. Cette fois-ci, la boucle est bouclée pour ce périple vinicole sud-américain et les prochaines vignes que je croiserai seront en Afrique du Sud, début juillet.
Je n'ai pas perdu de temps sur la route et j ai même été assez efficace sur le choix de mes itinéraires. Tant mieux car l´hiver approche doucement, les températures baissent au fur et à mesure que je trace vers le sud. Je me conditionne et je me prépare a ces futurs changements. Ici, a Bariloche, c'est comme un avant-goût car la nuit, les températures sont proches de zéro mais les journées restent d´une fraicheur supportable. Aujourd´hui je guettais l'arrivée de ma première pluie, les prévisions se sont avérées fausses et je vais devoir attendre avant de sortir mon K-way...son heure viendra et très vite. Je prendrai le soin de vous parler de Bariloche un peu plus tard et je termine ce bulletin avec le coup de sifflet de la rencontre Newcastle-Arsenal (0-1) diffusée sur ESPN...la saison de foot anglaise se termine...mon voyage, il a encore quelques journées devant lui.


Sunset Bariloche Sunset Bariloche

Allez oups, je file acheter un ticket de bus et une boîte des fameux chocolats de Bariloche car ici c'est la Suisse Argentine ...je garde le reste pour vous plus tard, les chocolats, par contre...ils seront tous pour moi...Na !!!
A très vite...pour vous conter mes aventures patagoniesques !!!Chhhoooo - Merci à Francisco pour l'accueil a Amalaya. Merci a la clique de la Ruta 40 a Calafate : Laura, Lea, Pato, Federico... Arthur, pour le bel échange en terrasse a Cordoba. Danielle Gerault et Gregory Abjean de Vins du Monde pour avoir fait le lien avec les Domaines de Mendoza. Vincent Capmas et toute l'équipe d'Altos.Carmelo Patti.Gabriella et Damien pour la chouette rencontre à Mendoza. Aux gunners: big four !!!
, Patagonia,  
Wednesday, May 29, 2013

Ok, je vous avais laissé a San Carlos de Bariloche, je me localise sur la carte a El Calafate mais je vous écris depuis Puerto Madryn sur la côte atlantique. Cela fait un joli triangle tracé à travers la Patagonie et cela mérite bien une page et quelques photos.

A Bariloche, où en étais je déjà? ... oui, je vous disais donc que j´étais sur le point d'aller acheter des chocolats et que je soignais un vilain rhume. Avant cela, j´avais pris un peu de temps pour me reposer et San Carlos fut un excellent spot pour reprendre des forces. Cette ville évoque la Suisse ou bien même le Tirol autrichien grâce a ses ínnombrables petits chalets en bois qui tapissent les bords du Lac Nahuel Huapi, les boutiques de chocolats, les bars a bières artisanales, les noms de rues évocateurs d'un proche passé fortement influencé par les colonies germaniques. La raison est simple et vous l´aurez devinée, avant la fin de la seconde guerre mondiale, quand le petit moustachu nazi de Berlin était sur le point de plier face aux alliers, bon nombre de ses proches ont quitté le navire et ont choisi l´exile.Il faut croire que de se cacher derrière les sapins de Bariloche et sous la protection du président argentin de l'époque (Juan Peron) fut un bon choix pour une partie de l'état-major du führer.

Colonia Suiza - Bariloche
Colonia Suiza – Bariloche


En 1995, la bulle éclate en Argentine et le monde découvre alors que certains d'entre eux, toujours vivants, avaient établi leurs vies, leurs familles et leurs commerces dans les environs. 50 longues années avant d´entreprendre cette chasse aux nazis dans cette station de ski chic du sud argentin...il faut vraiment croire que leurs présences ne dérangeaient pas tout le monde et que les langues étaient bien liées: protectionnisme rapproché quand tu nous tiens !!! Voilà pourquoi et comment, aujourd´hui en 2013, un jeune touriste francais, par exemple (au hasard !), peut déguster une délicieuse part d´Apfelstrudel sur le sommet du Cerro Campanario, principale attraction touristique de la région de Bariloche. 

Après 3 jours de gourmandises, de reniflements, et de ballades... j ai pris mon sac a dos et mes mouchoirs puis j´ai regardé ma carte. En effet, l´idee de faire 30heures de bus non-stop pour aller a El Calafate ne me plaisait pas trop, alors, j ai fait escale a Esquel, 300km plus au sud...autant dire, en Argentine, la porte a côté !

Quand vous débarquez a 21h00 dans une ville que vous ne connaissez pas, la première chose que vous cherchez, en toute logique, est un hostel. Vous ouvrez votre guide de voyage et vous piochez celui qui correspond à vos envies et à votre budget.

Vue du Cerro Campanario
Vue du Cerro Campanario


Mon choix s'était porté sur le Planeta Hostel décrit par le guide du routard comme un endroit tellement charmant qu´on aurait presque envie de l'appeler "maison". "Allez bon, c'est un peu loin, c'est un peu a l´autre bout de la ville mais je vais le faire, je vais le trouver ce petit coin de paradis dans cette triste ville de la province de Chubut" voilà un peu près ce que je me suis dit. Arrivé à la dernière rue, la soi-disant bonne adresse, j ai du admettre que le numero 2850 n'existait pas et que les informations du routard étaient fausses, j avais donc perdu une bonne demi heure et gagné un retour gratuit vers le centre afin de trouver l´hostel. J'ai finalement trouvé le Planeta et il était a l´opposé de la première adresse, autant vous dire que j´avais fait mon quota de marche quotidien et que je me hâtais de poser mes affaires. Quelle fut ma surprise en constatant que l´hostel ne correspondait nullement a la description du guide. L´accueil fut tellement froid que j´ai eu l´impression etrange de déranger. Froid comme la température de la chambre, le genre d´hostel où on place astucieusement des radiateurs dans les couloirs mais surtout pas dans les chambres, quoi de plus logique !!! Il était trop tard pour chercher une autre adresse...le guide avait tout faux, moi aussi par conséquent. Apres une nuit aussi douce que ma barbe de trois jours, après un petit déjeuner aussi complet que l´hostel (j´etais le seul occupant)...je me suis résolu a sauver cette etape en allant faire la visite du parc national "Los Alerces".

Into the wild
Into the wild

Il faut croire que quand rien ne va, rien ne va : " El parque esta cerrado el lunes " la réponse du réceptionniste a fini par m´achever, nous étions bien lundi et le parc était fermé. Voyant ma déception, il m´a alors recommandé d´aller faire une petite ballade sur le Cerro La Hoya pour aller voir un lac de montagne. Comme la ville n´avait rien de plus a proposer, un peu désespèré, j´ai enfilé mes chaussures de trekking, mis une bouteille d´eau et ma solitude dans mon sac et je suis parti : "into the wild" !!! Je fais bien référence au film, oui oui...vous avez bien compris. Les premiers lacets de l´ascension n´avaient rien de spectaculaire et je pensais bien que le "rêve gris" que m´offrait Esquel allait se prolonger pour le reste de la journée. En arrivant au sommet, la vue panoramique sur le lac, les couleurs, les troupeaux de chevaux sauvages et le silence exceptionnel m´ont fait comprendre que je venais de gagner le droit de partager un moment précieux avec cette nature vierge. Apres quelques heures de marche, j´ai abandonné mes pensées de vagabond et mon troupeau de chevaux pour attaquer une descente sportive en mode "trail" sur un versant abrupt du Cerro...La journée avait été pleine et mon ventre, lui, toujours vide, j´avais bien mérité une bonne "parilla" le soir même, au restaurant, arrosé d´un bon verre de malbec...rectification, d´une tres bonne bouteille de malbec...Salud !!!

El Perito Moreno
El Perito Moreno

Le lendemain, le calcul était fait, il me restait un peu plus de 24h de bus à faire avant d´atteindre l'objectif le plus austral de mon voyage en Argentine : El Calafate. 24heures coincé dans un bus quasi vide, a traverser la steppe patagonienne, ses paysages vides, nus, dépourvus de toutes sortes de populations vivantes...cela inspire la joie de vivre, croyez moi ! Je commence à sentir une certaine lassitude de ces longs trajets en bus, je trouve, la plus part du temps, du réconfort dans mon sac de couchage, avec un peu de lecture, de la musique et un gros paquet de chips pour sublimer les visionnages de films hollywoodiens sans grand intérêt. L´autre jour, entre deux navets, j´ai eu le droit de regarder "Babel" du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu (21g, Biutiful...). Un film profond, dur et pas forcement accessible pour tout le monde...j´ai cru, les premières secondes, que le stewart du bus s´etait trompé dans la selection et qu´il allait vite le stopper pour le remplacer par un film comme "GI Joe", "Fast and Furious 5" ou encore "Twilight 4" (du grand cinema d´auteur, quoi !!!). Il s´est finalement abstenu, et comme ce film n´intéressait que moi, les autres voyageurs dormaient visiblement, j´ai eu le droit a ma petite séance privée.

La ballena
La ballena


Quelques films et quelques heures de sommeil plus tard, le jour se levait, les montagnes andaises réapparaissaient au loin et une nouvelle invitée faisait son apparition sur le sol :la neige. Aussitôt après avoir posé les deux pieds sur le sol du terminal de bus d´El Calafate, j´ai rapidement compris que j'allais affronter un obstacle délicat sur le chemin qui me menait vers l´hostel: le verglas. Une seule glissade et j´aurais pu valider un petit ticket pour l´hopital local et compromettre la suite de mon voyage. Alors avec delicatesse, "con cuidado", j´ai marché sur cette patinoire piégée et malgré quelques frayeurs, j´ai reussi a rejoindre l´Hostel sain et sauf (Ah, vous vouliez de l´aventure et du suspense...là, je vous en donne, n'est ce pas?). Mes recompenses: le sourire de Nadia, la réceptionniste de ce joli chalet moderne rempli de Backpackers. Après un jour sans parler a personne, j´ai pu réactiver mon moulin à parole et tisser quelques liens amicaux avec les occupants. Parler ensemble de nos voyages respectifs et de la raison principale qui nous amenait ici, à El Calafate, au "presque bout du Monde" : Le Perito Moreno. Un ami m´avait dit avant de partir : " Jeff, cela ne sert à rien d´aller en Patagonie si tu ne vas a pas à la rencontre du fameux glacier El Perito Moreno!" Max, tu avais entièrement raison, quel choc se fut !!! Sans doute le plus beau glacier de la Patagonie Argentine, en tout cas le plus visité.Un colosse de 250km2 de surface totale, pour 30km de longueur et 60m de hauteur, ce joli bébé posé sur le lago Argentino avance en plus de 3m par jour.

Y aurait pas un peu bcp de vent?
Y aurait pas un peu bcp de vent?


Ecouter les craquements de la glace, le voir, être le spectateur des ruptures de blocs sur la facade du glacier et admirer les nuances bleues de sa glace : du très grand spectacle, inoubliable !!! La météo neigeuse, le lendemain, m´a contraint à annuler la sortie a El Chalten pour aller voir le Fitz Roy...j´en ai profité pour aller regarder la finale de la Champions league dans un bar...on trouve toujours des solutions alternatives quand on cherche bien ;-) !!! Le soir même, nous avons fait un grand asado (Barbecue) avec les occupants de l´hostel, mon premier et sûrement dernier barbecue sous la neige et par -2dgC...L´asado en Argentine : une obligation hebdomadaire, qu´importe la météo !!! Apres ce festin proteiné, avec deux compères espagnols, nous sommes allés tester la vie nocturne de la ville dans la seule et unique discothèque de la ville...Entre deux morceaux de Reggaeton (insupportable !!!), le dj a eu la bonne idée de passer le dernier Daft Punk :"Lucky"... cette véritable machine a faire danser les foules n´a décidément pas de frontière et j´ai pu bosser mon pas de danse avant le tango de Buenos Aires.

Juste le temps d´avaler quelques heures de sommeil et le lendemain, je suis monté dans un autre bus, direction la côte Atlantique et Puerto Madryn, d´où je vous écris. Quel bonheur de retrouver l´ocean, des températures correctes et deux belles journées de ciel bleu. Puerto Madryn se situe au sud de la péninsule Valdès, réserve naturelle inscrite au patrimoine mondial de l´Unesco. On y vient pour admirer la faune marine, j´espérais voir les colonies de manchots de Magellan, les éléphants de mer, les otaries...mais tout ce beau monde prend du bon temps ailleurs a cette période de l´année...j´ai du me contenter de l´autre grande attraction locale et saisonnière : l´arrivee des premieres baleines dans le golf nuevo

Le grand bleu
Le grand bleu


. Incroyable, il suffit de regarder l´ocean a partir de la cote et il est tres facile de voir l´une d´entre elles. Elles nagent très proche des côtes...elles rentrent actuellement dans un cycle de reproduction et jouent aux petits jeux de la séduction a plusieurs centaines de mètres d´écart, je vous laisse imaginer l'érotisme inouï de la scène !!! Bref, tout ce temps passé a Puerto Madryn a été dédié aux ballades, a l´observation et ce jeudi matin, je me suis jeté a l´eau, c'est le cas de le dire et j´ai passé mon baptême de plongée sous marine. Rien a redire, une fois que l´on a trouvé un rythme respiratoire adapté a la nage en profondeur, on prend beaucoup de plaisir. Je suis resté sous l´eau pendant 25mn accompagné d´Axel, mon instructeur, et je pensais que, pendant tout ce temps, mon sex-appeal aurait attiré une baleine ou deux. Helas, rien a faire, elles m´ont snobé.

Je vais écourter mon texte et aller prendre un bol d´air iodé avant de monter dans le bus en direction la capitale, Buenos Aires ou je vais passer le week end. De cette "petite" ballade triangulaire en Patagonie, j'en garderai un souvenir sacrement rafraichissant et je repars avec plein de belles images en tête et du sable " plein les godasses" !!!

Je vais abandonner le blog l´espace du dernier mois en Amérique du Sud et je profiterai de la veille de mon depart a Sao Paulo pour vous écrire un p´tit pavé...au programme de mes dernieres semaines : Buenos Aires et ses classes de tango, l´Uruguay et Montevideo dès Mercredi ( je vous laisse deviner pourquoi !!!), retour en Argentine et passage obligé vers Iguazu pour voir les plus belles chutes au Monde...pour finir par le Brésil, dans l´espoir que Rio puisse répondre.

Chhhhooooo

Cheff ( car oui,on dit "Cheff" ici )
, État de São Paulo, 
Thursday, June 27, 2013

La voilà, la voilà, la voilà enfin la dernière page de mon périple sud-américain. Je lui ai donné ce titre (traduisez "la coupe est pleine") afin de vous exprimer mon bonheur et ma satisfaction mais aussi pour faire référence au football, sport évidemment populaire dans les pays que j'ai visité. Le foot qui sera évoqué à quelques reprises dans ce texte. Je tiens, cela dit, à me montrer rassurant auprès de vous, chers amis lecteurs, ce dernier "post" restera un récit de voyage et surtout pas l'article d'un blogger-foot en itinérance entre l'Argentine et le Brésil. On y va, Vaaamos, allez...kick off !!!

Début juin, je suis arrivé à Buenos Aires, l'espace d'un week end, un avant-goût délicieux et festif pour amplifier l'envie d'y revenir dans les jours suivants (pour vous, cela sera dans quelques lignes). En effet, l'idée était de traverser le Rio Plata pour rejoindre l'Uruguay et sa capitale Montevideo.

La "cancha" del Centenario
La « cancha » del Centenario

Une étape qui n'était pas inscrite initialement sur mon roadbook mais j'étais en avance sur mon calendrier et deplus l'équipe de France de football jouait contre l'Uruguay un match amical, le 5 juin, au Stade du Centenario...c'était trop tentant !!! Je vous passe les détails, la France a perdu 1-0, un match plaisant mais pas non plus exceptionnel en terme de qualité de jeu produit par les deux équipes. Une très belle ambiance dans ce stade mythique (le Centenario a accueilli la première finale de coupe du Monde en 1930), un résultat (donc) décevant et un voisin de tribune uruguayen, lui, bruyant. Ce supporter de la "Celeste" était venu avec un répertoire d'insultes (adressées envers nos joueurs) inépuisable. Exemple choisi: j'ai appris grâce à ce jeune homme que "joueur de l'équipe de France de football" se traduisait localement par le terme "negro"...je vous épargne le reste. À l'image du score, la ville de Montevideo m'a déçu, pas grand chose à y faire, peu à voir, les rues y sont vides après 21h...une seule solution : la fuite et vite !!! De toutes manières, je savais très bien que j'allais prendre mon shoot de vie citadine plus tard à Buenos Aires. La grande majorité de la faune touristique qui visite ce pays se jette sur le sable blanc de Punta del Este, le "Saint Tropez sud-américain". Non sans façon, pas pour moi !!! La côte-est uruguayenne regorge d'autres beaux spots et le réceptionniste de l'hostel m'avait dit qu'un des petits coins de Paradis de son pays se situait à la "Punta del Diablo".

La Punta del Diablo
La Punta del Diablo

Cinq heures de bus plus tard, gracias a el chico del hostel : le diable, sa pointe et ses magnifiques plages m'ont accueilli !!! Ce village de pêcheurs est un lieu magique et il n'échappe malheureusement pas à la loi de l'urbanisation grandissante. Les cabanes des marins laissent peu à peu leurs places à l'industrie hôtelière et a de très belles résidences secondaires. Fort heureusement, l'architecture des nouvelles constructions reste harmonieuse avec les lignes et les couleurs du littoral et pas une seule tour à l'horizon. A cette période de l'année, c'est basse saison, autant vous dire que je suis arrivé dans un village désert, seuls les ouvriers en bâtiment et quelques locaux occupaient le village. Décor idéal pour magnifier la solitude du backpacker: l'océan agité, le gros coup de vent, les quelques gouttes de pluie, les arcs en ciel, les grandes plages de sable blanc, les dunes et une lumière somptueuse en fin de journée, le diable m'a joué une très belle symphonie. Le lendemain, retour sur les bords du Rio Plata, avant Buenos Aires. J'ai fait une halte de deux jours à Colonia del Sacramento, le plus bel héritage colonial de l'Uruguay. Étape gagnante et pôle position au concours des plus beaux couchers de soleil de mon voyage.

Au terme de cette semaine "céleste", j'ai retrouvé B.A et ses porteños. Sept jours à B.A durant lesquelles j'ai lâché mon guide du routard afin de retrouver un rythme de vie en ville plus intuitif. Chaque matinée, j'ai pris deux heures de cours d'espagnol pour essayer de gommer mes lacunes et bosser ma grammaire. Le reste du temps, j'ai voulu donner un vrai sens culturel à mon séjour avec de nombreuses sorties.

Colonia del Sacramento
Colonia del Sacramento

Au cinéma afin de découvrir quelques films "indés" et documentaires produits en Argentine, au théâtre, des ballades, quelques restaurants (bah oui, c'est une manière de se cultiver!!!) et un cours d'expression corporelle. (???) Cours d'expression corporelle, oui, je vous l'accorde cela ne me ressemble pas...laissez moi juste vous expliquer. Un soir, alors que dînais dans un pizzeria du quartier de San Telmo avec mon ami Charlie, un backpacker australien, la conversation en français des deux messieurs de la table voisine m'a interpellé. En fin de repas, nous avons papoté avec Igon et Roberto ce vieux couple gay amateur de pizzas. Igon, basque d'origine, nous a expliqué qu'il était un spécialiste international du mime et qu'il avait appris cet art étant jeune auprès d'un disciple du fameux mime Marceau. Une rencontre peu commune qui a éveillé ma curiosité. Igon, nous invita à participer à un de ses cours le lendemain soir. Je suis le fils d'un comédien amateur de théâtre, j'ai sûrement hérité d'un certain talent sur les planches, si il existe, il était l'heure pour moi de le révéler. J'ai accepté l'invitation avec plaisir. Charlie l'a déclinée poliment...car lui c'est sur "la" planche qu'il s'exprime, un surfeur australien, un autre! Voilà comment, 24heures plus tard, en ouverture du cours, accompagné d'Igon (81ans), sur scène et en face de sa classe d'une trentaine d'élèves, j'ai exécuté mon premier exercice de mime: sympa le cadeau pour faciliter mon intégration au groupe.

Feria de San Telmo - B.A
Feria de San Telmo – B.A

Le thème choisi : la simulation du soulevé d'une caisse de vin imaginaire et son porté jusqu'au ciel...Je n'ai pas réussi à savoir si les rires dissipés de certains élèves traduisaient leurs admirations ou leurs moqueries face à cette performance au combien remarquable. (( Avec du recul, et quelques regrets, je pense que j'aurais du leur faire un set d' "Air Guitar"!!! Exercice, et certains d'entre vous le savent très bien pour en avoir été témoins, où j'excelle. NB: pour les curieux, cherchez bien, la vidéo est sur YouTube)). Bref, j'ai tout de suite compris que ces deux heures de cours seraient longues, très longues, interminables. Car au final, cela n'avait rien de théâtral, plutôt une initiation à la pratique du mime. J'ai appelé donc cela un cours d'expression corporelle car j'y ai notamment appris à exprimer la joie, par exemple, avec mes pieds, ou exécuter des positions assez douteuses. Après avoir remercié Igon et en sortant dans la rue, c'était clair pour moi, il n'y aurait pas de leçon #2.

Je vous écris depuis Paraty, au brésil, (on en parle dans quelques lignes) et la jolie réceptionniste vient de me proposer de l'accompagner à un cours de danse locale (pas de la samba, ni même de la capoeira, je n'ai pas bien compris le nom). Elle est charmante et je l'ai remerciée pour l'invitation mais afin d'éviter de tomber dans un second guet-apen, j'ai dit non en prétextant l'écriture de mon blog

Ruinas de San Ignacio - Misiones
Ruinas de San Ignacio – Misiones

L'histoire ne dira jamais si j'ai eu tord ou raison. 

Revenons plutôt sur les bords du Rio Plata, Buenos Aires mérite bel et bien sa réputation, c'est une ville qui a beaucoup de choses à raconter, cosmopolite et riche en influences occidentales. Un brin dangereuse notamment dans le quartier populaire de la Boca ou les touristes sont souvent les proies des petits voyous. Si on excepte ce dernier point, le passage à "B.A" reste un immanquable lors d'un séjour en Argentine. Après une semaine pleine dans la cité du tango et de Mafalda, je suis monté dans un bus de nuit, direction le Nord et la province de Misiones, bordée à l'ouest par le Paraguay et à l'est par le Brésil. Ce qui m'a interpellé le plus quand je suis arrivé dans cette région, c'est que l'atmosphère générale change radicalement. Nous voici dans la région la plus tropicale du Nord Argentin. La riche végétation, la chaleur humide, la faune, la terre rouge, la couleur de peau des locaux, les moustiques...un petit air d'Amazonie. Une escale lors de laquelle, j'ai retrouvé Julien, un backpacker français que j'avais déjà croisé à deux reprises en Uruguay. Le monde des routards est petit, normal en même temps: on lit tous le même guide. Programme idéal pour un dimanche, nous avons fait ensemble la visite des ruines de la mission jésuite de San Ignacio.

Cataratas de Iguaçu 
Cataratas de Iguaçu


Le lendemain, l'objectif était le même pour Julien comme pour moi, en route vers la mecque du tourisme nord argentin : les chutes d'Iguaçu. Des cars entiers y déversent des centaines de milliers de touristes chaque année. Si vous cherchez des japonais et des chinois armés de gros objectifs en Argentine, vous savez où les trouver. L'accés au Parc National d'Iguaçu a des faux airs de Disneyland. Boutiques, restaurants, petits trains etc...le vrai spectacle arrive ensuite et je préfère vous dire qu'on en prend plein les yeux et qu'on en a pour son argent (l'entrée est relativement cher pour les étrangers). Grâce aux nombreuses passerelles, on peut admirer les chutes sous plusieurs angles, le tout dans un décor de jungle tropicale absolument superbe. Un véritable bouquet final que m'offrait l'Argentine pour mon dernier jour. Le Brésil était là, juste en face, de l'autre côté du Rio Iguaçu, et la suite de mon périple s'y trouvait.

Quelle belle boucle accomplie en Argentine! Un pays ou il faut juste apprendre à accepter le fait que l'on doit d'abord enfiler des milliers de kilomètres, pour ensuite découvrir ses richesses naturelles et culturelles. Au poste frontière, mon compteur kilométrique devait afficher un peu plus de 10000km parcourus, pour 150 heures de bus. J'ai quitté l'Argentine avec pleins de beaux souvenirs en tête et avec une estime très forte pour son peuple: les buveurs de maté, les mangeurs de viande, les dingues de foot, les filous, les blagueurs, les insomniaques...les argentins: Mucho Gusto amigos !!!

Cococabana 
Cococabana


Rajoutez 24 heures de bus et vous arrivez à Rio de Janeiro. Le "bonus-track" de mon périple car je ne pensais vraiment pas avoir le temps d'y passer avant mon vol retour. Quand on travaille bien, on est forcément récompensé ...et récompensé de 10dgC en plus: 30dgC en pleine après-midi, le premier jour de l'hiver...J'ai par conséquent déterré mes tenues estivales de mon sac. J'avais perdu espoir de les ressortir un jour. J'ai investi dans une paire de claquettes "Havaianas" (les indispensables lors d'un séjour au Brésil) et je suis allé à la plage de Copacabana avec cette devise en tête: "Sortez dans la rue, chers amis cariocas, battez vous pour vos droits, manifestez votre colère et ne vous inquiétez surtout pas, Jeff s'occupe de vos plages en attendant !!!" Clair que cette plage de 4,5km impressionne , le quartier, lui, ne vend pas du rêve. "Copa", c'est résidentiel et plutôt tranquille. Pour trouver les folles nuits de Rio, il faut plutôt aller dans les quartiers de Lapa (pour les petits budgets) ou la plage d'Ipanema (bling bling). Le premier soir, grâce à la recommandation avisé d'un ami breton (oui, Youenn, c'est de toi que je parle), j'ai fait la rencontre de Max, un armoricain installé à Rio depuis un an et demi. Voilà comment, on se retrouve à boire du cidre breton à l'heure de la Caipirinha a Rio.

Paraty - Costa Verde - Brasil
Paraty – Costa Verde – Brasil

Max a ouvert le "Mais que Nada", un bar à tapas a Copacabana, il se trouve juste en face d'une crêperie tenue par un autre Breton, ce dernier nous a d'ailleurs rejoint pour quelques minutes. (Nous sommes partout, ne cherchez pas, partout: BREIZH DA VIKEN). Trois bretons, originaires de trois communes voisines de quelques kilomètres, ensemble à parler de galettes, de cidre et de Dilma Roussef à Rio...excusez moi du peu: je trouve ça quand même assez énorme. Le lendemain, je suis allé tenter ma chance au Maracanå, le plus grand stade de foot au monde fraichement rénové. Le Brésil accueille en ce moment la coupe des confédérations de football et, ce jour-là, il y avait la rencontre "au sommet" Espagne-Tahiti. Ce n'était pas vraiment l'intérêt sportif qui motivait ma chasse au ticket (c'était plié d'avance, la "Roja" allait doucher les amateurs de Tahiti) mais plutôt le fait de rentrer dans ce stade légendaire qui accueillera la prochaine finale de coupe du monde en 2014. Mais a 400 reais (140€) les dernières places disponibles...non merci, c'est presque le prix d'un abonnement annuel pour le Roudourou, le stade de l'EA Guingamp (L1) et c'est deplus, un luxe qu'un backpacker en fin de périple ne peut plus se payer. Après 3 jours sur place et quelques Caipirinhas (délicieusement dangereuses), j'ai quitté Rio, ses plages, ses favélas et son peuple en colère pour trouver un peu de repos à Paraty, sur la Costa Verde, un peu plus au sud.

Fran: l'amie des bêtes 
Fran: l’amie des bêtes


Sur place, m'attendait Francisca qui avait déjà pris ses quartiers. Fran, vous vous rappelez peut être, c'est mon amie, élève sommelière de Valparaiso, au Chili. Elle était en famille à São Paulo les jours précédents, le hasard faisant bien les choses, j'étais à Rio, on s'était filé donc rendez-vous à mi-chemin entre les deux villes, à Paraty, au bar de la plage, à l'heure du match Brésil-Italie (vous devinerez facilement qui a choisi l'heure et l'endroit!). Paraty, comment dire? Un paradis malgré un temps un peu couvert et quelques nuages menaçants. Sa vieille ville aux pavés cabossés, son architecture colonial, ses plages à tomber. L'occasion pour moi de sortir, enfin, deux éléments de mon backpack, ceux encore vierges car pas utilisés: mon maillot de bain et mes lunettes speedo. Le contraste fut assez saisissant entre la peau belle et bronzée des brésiliens et ma peau de "celte" au bronzage dit "agricole"!!! Première soirée, première nuit à l'hostel geko, première bataille avec les moustiques et en récompense, le lendemain matin, premier petit dej´ sur la plage: pincez moi, je rêve ou quoi ? C'était trop trop beau et fort bon. La ballade du dimanche à eu lieu sur la plage de Trinade (que Max m'avait fortement recommandé). Accompagné de Paulo, un chilien que nous avions rencontré la veille, nous avons arpenté la côte, la mangrove, la forêt tropicale pour arriver près d'une piscine d'eau de mer naturelle. Soirée de gala, la veille du départ de Fran, avec un dîner sur le thème du poisson arrosé d'un Chardonnay Brésilien de la région de Rio grande do sul (très standard). Le lundi, il a fallu donc dire au revoir à "Frani".

La super pote, l'amie des bêtes (c'est pour cela peut être que tu m'aimes tant ???), toi Fran, la sommelière en herbe, l'historienne, la voix de la résistance pour la protection du patrimoine de Valparaiso, la piplette, la curieuse, la plus belle "chose" que la France et le Chili ont réussi à faire ensemble, devant Almaviva !!! Pour le rôle majeur que tu as joué lors de mon voyage, tu mérites largement ces quelques mots sincères...tout cela, encore et encore...tu me manques déjà, je t'aime fort, poulette !!! 

Après les au-revoir au terminal de bus, Paulo et moi sommes allés soigner notre chagrin avec quelques bières sur la plage. L'occasion de philosopher un peu sur les thèmes de la vie et du voyage et de discuter de notre passion commune pour la musique electronica "made in UK". Le lendemain, c'est ce dernier qui est parti, j'ai retrouvé ma solitude de "Mochillero" sur le pont d'un bateau, à la découverte des îles environnantes. "Todas esas maravillas son parati" !!! Traduisez "Toutes ces merveilles sont pour toi", pour moi en fait (en voulant jouer avec les mots). J'ai commencé ce texte sur une plage de Paraty, je l'ai continué dans un bus et je vous l'envoie aujourd'hui de Sāo Paulo, la veille de mon départ. Ce soir, je vais y fêter dignement et sobrement ma dernière, ma despedida sur le continent avec Cintia, Adrianna et Drico...on va lui donner une belle fin.

Cinq mois en Amérique du Sud qui sont passés ni trop vite, ni trop lentement...juste bien comme il le fallait !!! Des escaliers de Valparaiso, aux vignes de la Colchagua. Puis cette semaine folle à Sāo Paulo pour Expovinis. De la Ruta 40 qui longe les Andes jusqu'à la Patagonie Argentine. Les baleines de la péninsule Valdes, le diable d'Uruguay, les bonnes ondes de Buenos Aires, la douche à Iguaçu, le Pāo d'açùcar à Rio, les vertes côtes brésiliennes etc etc...

Señoras, Señores, hoy, puedo le decir: "la copa esta llena !!!"

Demain, je commence mon rush aérien. Petit rappel. Vol #1: départ de Sāo Paulo vers Madrid, escale ibérique pour acheter "l'Equipe" dans un kiosque du terminal, le feuilleter, se dégourdir les jambes, boire du café et se faire "chier"pendant les 6 heures de correspondance (pfff!). Vol #2: en direction de London Heathrow pour une escale express d'1h30, il ne va pas falloir perdre de temps car je dois embarquer dans la foulée pour le vol #3 British Airways en direction de Cap Town, en Afrique du Sud. Dimanche matin, 9 heures, mon comité d'accueil à l'aéroport: Natacha et Eddie, mes potes, mes anciens colocataires a Londres que je n'ai pas revu depuis 7ans...pour retrouver plus tard Greer, Grant, Emile, Abu entre le Cap et Stellenbosch...it´s gonna be E.M.O.T.I.O.N.A.L !!! De l'émotion, il y en a déjà beaucoup en Afrique du Sud car l'état de santé du père de la nation, Nelson Mandela, s'est dégradé sérieusement et tout le peuple reste attentif aux dernières dépêches au sujet de "Madiba". Après les mouvements de protestation nationale au Brésil, l'actualité internationale va t'elle me suivre? Je ne l'espère pas évidemment, mais si Mandela venait à décéder pendant mon séjour sur place...cela risquerait de donner un...brrrr...n'en parlons pas.

Bon je vous avais promis un pavé d'écriture pour le dernier mois de mes tribulations latines: chose faite. Merci d'avoir pris le temps de le lire...à force de trop en raconter, je n'aurai plus beaucoup de choses à vous dire !!! C'est vous qui me raconterez vos histoires comme cela !!!

C'était l'avant dernier bulletin du "Jeff Backpack Tour 2013" ...je vous laisse, j'ai un Check in online à faire: " I beliiiieeeve I can fly, I beliiiieeeve I can touch the sky !!!" Toucher le ciel oui et pendant 24 heures en plus. Coup de sifflet final de l'arbitre, ainsi se termine cette rencontre.

Bonnes vacances à ceux qui partent

Bon Tour de France

Chooooo

Merci à : Lukas, l'altermondialiste slovaque - Julien: Bon voyage, mec - Nuria, ma divine prof´ d'espagnol - Cécilia et Julian à Buenos Aires : c'était top de vous avoir croisé à Palermo...à bientôt jspr - Clément: Bon voyage à toi - Charlie et Haytham, los dos banditos australianos - Roberto et Igon - Didier Deschamps et ses bleus "pâles"pour leur très belle tournée sud-américaine - Fanny, Jeremy et leur petit van - Max de Rio: Mec, c'était du bonheur d'échanger avec toi. Bonne continuation, t'as du talent à la pelle, ça marchera tôt ou tard. L'équipe du Geko Hostel a Paraty: au top - Cintia et Adrianna - Drico de Sao Paulo - La Señorita Francisca Herrera Crisan: la prochaine a Paris pour une révision festive et "au verre" du vignoble français

...

Je n'oublie personne?

Ah si...

Les centaines de chiens que j'ai croisé sur ma route : wouuuafff
, Cape Town,  
Tuesday, July 30, 2013

Jeudi 25 juillet / Woodstock district/ Cap Town

Prenez une règle et un stylo, tracez une ligne droite entre Sao Paulo et Le Cap. Rien de très compliqué et plutôt direct, vous avouerez ! Si vous sollicitez une agence de voyage en ligne, comme je l'avais fait, pour vous trouver un vol à un prix compétitif pour ce trajet. Cette dernière vous proposera un itinéraire plus long incluant une ou deux escales. Je savais en quittant Sao Paulo que ce voyage de transition serait éprouvant et ce fut bien le cas. Je ne vais pas trop détailler ce transfert mais juste vous glisser quelques chiffres:

- 36 heures de voyage dont 26 heures de vol

- 4 avions au lieu de 3 initialement 

- 4 plateaux repas

- 2 grèves (Sao Paulo et Madrid)

- 7 heures d'attente à Madrid 

- 1 heure et demi de retard toujours à Madrid

- 5% de chance d'avoir mon vol à l'aéroport de Londres Heathrow

- 500 mètres d'une course contre la montre dans le Terminal 5 d'Heathrow

- 1 vol de raté

- 1 conversation entre adultes avec le personnel de British Airways

- 1 solution trouvée 

- 1 sac de voyage (le seul en l'occurrence) perdu à Johannesburg 

- 1 sac de voyage perdu à Johannesburg retrouvé au bout de 10 minutes

- 10 minutes d'angoisse (donc!)

- 1 cigarette 

- 2 amis à l'aéroport du Cap 

- 6 années sans les avoir vus et quelques larmes plus tard...

Boo Kaap - Cap Town
Boo Kaap – Cap Town

- 3 heures après l'arrivée de Barack Obama dans le pays...

...Welcome in South Africa...

Mardi 30 Juillet / Aéroport de Cap Town

[ Bon là je suis un peu "emmerdé" !!! 

Je m'explique:

J'ai écrit cette introduction il y a quelques jours. Hier et aujourd'hui, avec la satisfaction du "voyage" accompli, j'avais prolongé mon texte et quasiment bouclé mon récit traitant de mes quatre semaines de voyage en Afrique du Sud. À la minute ou je vous écris, je suis au bar de l'aéroport du Cap ou je viens de dire au revoir à mes amis. En rallumant mon IPod, je viens de constater que les 2/3 de mon texte ont disparu car le garçon étourdi (que j'ai toujours été) n'a pas sauvegardé son texte. J'avais l'intention de boucler ce dernier chapitre du "Jeff backpack Tour" a l'aéroport et de l'envoyer avant de prendre mon avion...tout est un symbole !!! Mon plan a échoué, j'ai un peu les boules mais en même temps je n'ai pas envie de finir sur un échec

Signal Hill - Cap Town
Signal Hill – Cap Town


.Alors que faire ? 

1. commander un autre verre de ce "délicieux" cabernet sauvignon sud-africain de qualité dite "supermarché".

2. Se dire que ce dernier verre en terre sud-africaine ne sera pas le meilleur mais il rendra hommage à mon séjour et il bonifiera mon inspiration.

3. Je peux prendre l'heure et demi qu'il me reste pour retaper "de mémoire" tout ce que j'avais tapé.

4. Je peux également demander à ce monsieur qui boit un sprite, assis à ma gauche, si il n'a pas par hasard de très forte faculté de rédaction dactylographique et si il pouvait aimablement taper sur mon Ipod le texte que je lui dicterai.

5. Je peux la jouer minimaliste, écrire un court texte digne d'une carte postale de vacances envoyée du camping municipal de Palavas les Flots, tout en se disant que de toute manière, c'est l'été en France...les gens sont à la plage, en vacances ou presque, alors un récit de voyage à lire sur un écran d'ordinateur ...c'est déjà un de trop !!!

1 happy man and 3 lucky women
One happy man and three lucky women

6. Sixième et dernière idée. Faire une croix sur ce récit, se dire que le meilleur sera à raconter et laisser les images jointes à ce post parler pour moi......................]

L'option 6 étant la plus crédible à cet instant, je vais conclure, je suis un peu déçu que ce blog de voyage se termine ainsi. J'aurais voulu le boucler avec un peu plus de contenu mais le décor d'une cafétéria d'aéroport ne prête vraiment pas à l'inspiration et il me reste moins d'une heure avant de décoller.

Trouvez ci joint quelques photos, quelques instants choisis et finalement les meilleurs ingrédients pour raconter ce mois passé en Afrique du Sud.

Mercredi 31 juillet / Aéroport London Heathrow

17dgC et un beau ciel gris, pas de doute, je viens d'atterrir sur la terre anglaise. Cette fois,c'est fait: la boucle est bouclée. Je suis un peu partagé entre la joie du retour et la tristesse de penser que ce beau voyage est maintenant derrière moi.

Golfing in Stellenbosch 
Golfing in Stellenbosch


Syndrome "posttrip", un grand classique, back to the reality !!!

J'appuie sur la touche "envoyer"

London Calling ...suivra la France !!!

À bientôt

Remerciements ( et ils sont simple à faire ce mois-ci)

Mes potes qui ont magnifié ce mois passé ensemble: 

-Hanna-Greer-Natasha-Junior-Grant-Emile-

Merci a Ralph pour l'accueil à London

Merci a Guillaume et Johann pour l'accueil à Paris
, Angleterre,  
Wednesday, July 31, 2013

Gotta find the way back home !!!

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :